Bords de route
Les bords de route et de chemin forment un habitat plus important qu'il n'y paraît pour la flore sauvage belge. Le sol y est souvent remanié, tassé par endroits, parfois pauvre après des décennies de fauches répétées, ce qui convient paradoxalement bien à des espèces pionnières et peu exigeantes comme le coquelicot ou le bleuet des champs, capables de germer rapidement sur un sol perturbé et ensoleillé. Les talus et fossés offrent aussi, par endroits, des conditions plus fraîches et ombragées où s'installent des espèces de lisière comme la digitale pourpre. Ces bandes linéaires jouent un rôle de corridor écologique reliant entre eux des habitats plus fragmentés par l'agriculture intensive ou l'urbanisation, à condition d'être gérées avec discernement. C'est justement la gestion qui pose problème : une fauche trop fréquente et trop précoce dans la saison empêche les plantes de fleurir et de se ressemer, tandis que le salage hivernal des routes et la pollution liée au trafic appauvrissent progressivement la flore la plus proche de la chaussée. De plus en plus de communes belges adoptent une fauche tardive et différenciée sur ces accotements, une pratique simple qui redonne à ce mince ruban de terre un vrai potentiel pour la biodiversité florale.